En quinze jours, bien du temps a passé.

Réaliser une production qui montrera le passage du temps sur deux semaines

  • Comment l’œuvre confronte-t-elle le spectateur au temps ?
  • En quoi votre réalisation questionne-t-elle la perception du temps du spectateur ?

Quelques pistes pour produire: L’altération d’un objet ou d’une image. Les traces laissées par le temps. Un avant/ un après. L’effacement et le flou sont des notions déjà vues en 4ème qui peuvent vous aider dans votre recherche.

Le temps dans l’œuvre chez Roman Opalka
Recouvrir, saturer, remplir…

Comment saisir le temps qui passe? Telle est la question centrale du travail de Roman Opalka. Pendant plus de quarante ans il peint sur toile une suite de nombres en comptant de 1 à « l’infini ». Seule la mort de l’artiste âgé de 71 ans en 2011 met un terme à son entreprise. Il s’arrête au nombre de « cinq million six cent sept mille deux cent quarante neuf ». Selon l’artiste, il s’agit d’une œuvre « méditative » où le temps est le sujet même de son travail.

L’artiste ajoute chaque jour 1% de blanc supplémentaire dans sa peinture. De toiles quasiment

noires, il arrive au terme de sa vie à des toiles presque blanches qui illustrent ce passage progressif du temps.

Après chaque journée de travail, Roman Opalka réalise également un autoportrait. Ces photographies sont toutes prises selon un angle et une lumière identiques, à la manière d’une photo d’identité qui se veut plus objective et neutre. Elles sont exposées sous forme de série. Ce qui intéresse Opalka, c’est la différence affichée entre chaque portrait: on peut voir le passage du temps par le vieillissement de l’artiste sur quatre décennies.

« … ce que je nomme mon autoportrait, est composé de milliers de jours de travail. Chacun d’eux correspond au nombre et au moment précis où je me suis arrêté de peindre après une séance de travail. «   R. Opalka

Les variations du modèle, Claude Monet

Claude Monet, Cathédrale de Rouen, 1892-1894

La série des Cathédrales de Rouen est un ensemble de 40 tableaux peints par Claude Monet représentant principalement des vues du portail de la cathédrale Notre-Dame-de Rouen. Ces tableaux ont été peints à des angles de vues et à des moments différents, de 1892 à 1894.

La lumière, le traitement (la façon dont c’est peint), la netteté, le flou, le point de vue (l’endroit d’où l’on regarde le sujet) et la quantité de détails sont différents sur chaque tableau.

Ces tableaux tous différents composent ensemble une série. En l’observant, le spectateur peut ressentir le temps qui s’est écoulé entre les moments où il a peint chaque tableau.

La représentation du mouvement par une succession d’étapes dans le temps.

Edward Muybridge, cheval au galop, 1878, chronophotographie

Edward Muybridge invente un procédé photographique qui enregistre à la suite rapidement de nombreuses photographies d’une même scène. Cela s’appelle la chronophotographie. Cela permet de décomposer le mouvement du sujet photographié, et donc de comprendre comment il bouge ou se déplace.

A l’époque, les gens se questionnaient sur le mouvement du cheval au galop, et grâce à cette photographie, on a compris pour la première fois comment le cheval déplace ses pattes quand il galope.

En regardant cette série de photographie, le spectateur peut ressentir le peu de temps qui s’est écoulé dans l’intervalle de chaque photographie.

La représentation du temps

Tapisserie de Bayeux (fragment), le Corbeau et le Renard et le Loup et l’Agneau, broderie, 1066-1082

Le temps et ses symboles dans les vanités

Une vanité est une représentation allégorique de la mort, du passage du temps, de la vacuité des passions et activités humaines.

Philippe de Champaigne, La Vanité, 1646. Musée de Tessé, Le Mans

ANSELMO Giovanni, Sans titre ou Structure qui mange, 1968, Granit, fil de cuivre, laitue fraîche, terre ou sciure, 70x23x37cm

Le temps réel affectant l’objet

Sam Taylor Wood, Still Life, (time lapse), 2001

PENONE Giuseppe, Main et arbre, Bronze, 1973

Denis OPPENHEIM, Position de lecture pour une brûlure au second degré, performance, photographie, 1970

L’érosion, le temps affectant l’objet

La victoire de Samothrace, sculpture, époque antique (Grèce), Musée du Louvre.

Très tôt en Grèce, la représentation de la victoire a été personnifiée sous les traits d’une déesse ailée, descendant sur terre pour faire honneur au vainqueur. Fidèle à cet esprit, le monument érigé dans le sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace au début du 2e siècle av. J.-C. représente une Victoire se posant sur l’avant d’un navire de guerre, pour commémorer sans doute une victoire navale. Par la virtuosité de sa sculpture et par l’ingéniosité de sa construction ce monument est un chef-d’oeuvre inégalé de la sculpture grecque d’époque hellénistique. (source Louvre.fr)

Destruction, disparition. L’Histoire et l’influence des hommes. La trace photographique.

Les Bouddhas de Bâmiyân

Les Bouddhas de Bâmiyân étaient trois statues monumentales en haut-relief de bouddhas dans le centre de l’Afghanistan.
Les statues ont aujourd’hui disparu après avoir été détruites en mars 2001 par les talibans1. (source wikipédia)

A noter que l’appareil photographique permet aujourd’hui à l’homme d’enregistrer fidèlement les traces d’un avant la destruction. Cette trace (photographique ou filmée) devient une sorte de témoin du temps passé.

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